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Résultats atelier 2 : Aider à réviser

     Animateur : Thierry Danquigny (Université de Lille 1)
     Témoin : VP Etudiant Valenciennes

En situation de préparation d'examen :

  • Comment l’étudiant révise-t-il seul ou en groupe ?
  • Comment se déroule une phase de révision et qu'est-ce que cela peut nous apprendre en situation de face-à-face pédagogique ?
  • Comment l’aider dans cette tache ?
  • Quels sont les différents supports et outils possibles ?
  • Quels supports créer pour un cours en présentiel et qui permettent un usage optimal par la suite lors des révisions ?

Vous trouverez dans cette synthèse les éléments des deux ateliers de deux heures. (télécharger la version pdf)

Liste des questions et remarques post-it en préparation des ateliers :

  • Quels types d'exercices sont attendus par les étudiants pour réviser ?
  • Amener les étudiants à faire des révisions
  • Si on donne les solutions c'est inutile, car l'étudiant ne réfléchit pas. Mais si les solutions ne sont pas données comment s'auto-évaluer ?
  • Est-ce qu'un étudiant révise de la même façon si on autorise les supports de cours en DS ?
  • Quel peut-être l'intérêt de l'étudiant à modifier un apprentissage ''traditionnel'' d'un cours si les modes d'évaluation ne changent pas ?
  • Quelles sont les ressources utilisées par les étudiants ?
  • Comment les aider à apprendre à apprendre ?
  • Les aides en ligne peuvent-elles être utiles pour apprendre sans ''bachoter'' ?
  • Comment créer un moyen interactif de révision ?
  • Comment inciter les étudiants à consulter les ressources proposées de type Moodle ou polycopiés ?
  • Comment aider l'étudiant à choisir les ressources qui conviennent à son cursus ?
  • Faire des examens traditionnels ou des quizz ?

L'idée générale était de comprendre comment l'étudiant se place en situation de travail dans la perspective d'un examen, avec quels outils et avec quels objectifs. Est-ce dans la perspective d'approfondir un cours ? Est-ce dans l'objectif de répondre à l'attente d'une évaluation ? Ces deux questions ont été les deux grands axes de nos discussions.
Nous sommes partis d'un cadre universitaire qui est à la fois lieu d'apprentissage et lieu de préparation à un emploi. En tant que lieu d'apprentissage nous étions d'accord sur le principe d'une Université qui éveille, qui rend adulte et qui autonomise. La mise en avant d'un tel principe pose les questions du passage du secondaire au supérieur, du lycée à l'université. Nous nous sommes interrogés sur ce moment d'étrangeté (Coulon, 2005) qui caractérise la découverte de l'Université. Comment intégrer au mieux les étudiants, leur donner de bonnes habitudes, des méthodes de travail adaptées, le goût pour la matière enseignée. Nous étions en phase sur la nécessité d'un accompagnement à l'autonomie pour aider à devenir étudiant et non pas des élèves. Certains d'entre nous relevaient les dangers d'une Université reniant ses principes fondamentaux d'éveil et de préparation au métier d'adulte.

Des plannings chargés, la réforme du LMD, le système d'évaluation ne laisseraient que peu de temps ou d'occasions d'installer une mise en place de l'apprentissage de l'autonomie. Le temps de l'étudiant étant fortement cadencé par le temps administratif, l'Université ne favoriserait pas le temps de l'autonomie et donc par voie de conséquence de l'approfondissement des connaissances, l'apprentissage en profondeur (Biggs, 1987).
Est-ce alors une des raisons du ''bachotage'' ? Est-ce une des raisons de la multiplication des stratégies recensées pour obtenir une ''bonne note'' à l'examen ? Après avoir passé en revue les techniques des étudiants pour obtenir le saint graal de la note, nous étions en accord sur la recherche de solutions.

Comment faire en sorte pour que l'étudiant révise ses connaissances tout en apprenant en profondeur ? Si les plannings sont resserrées, il serait vital d'aménager le temps de cours .
Une enseignante nous faisait part d'autres modèles. En Allemagne, dans l'expérience de cette enseignante, les cours magistraux ont disparu pour laisser place à un échange sur des éléments d'apprentissage acquis avant le cours. Dans d'autres situations, des enseignants en France distillent chez les étudiants une culture de la révision et de l'apprentissage par les pairs. L'utilisation des TIC, notamment wikipédia peut être utilisé comme outil d'apprentissage collaboratif. Des étudiants enrichissent un cours sur des pages de Wiki et en font profiter leurs communautés. Le lieu du cours n'est plus seulement celui de la classe mais il est alors aussi hors les murs et constituerait un facteur favorisant l'autonomie et la motivation. L'enseignant, tout en étant la référence, devient facilitateur.
Nous voyons par ces exemples que la problématique est multifactorielle. Qu'est-ce qui est finalement déterminant ? Un usage des TIC ? L'enseignement par les pairs ? Un changement de paradigme pédagogique ? Une prise en compte des styles d'apprentissage plus fine ? Une prise en compte d'une évolution présumée des nouvelles générations (Prensky, 2010) ?
Un responsable de service universitaire pédagogique relevait que l'Université a dans le même temps conscience de ces difficultés ressenties et propose des solutions d'aménagement de planning ainsi qu'un accompagnement des étudiants dès leur entrée dans l'institution. A titre d'exemple, toutes les démarches de définition de projets personnels et professionnels offriraient un cadre aidant pour donner du sens à l'activité d'apprendre.
L'analyse de la situation doit être globale. Il s'agit de comprendre à la fois le fonctionnement de l'étudiant en situation d'apprentissage influencé à la fois par le système éducatif proposé et par la société dans son ensemble. Il a ainsi été relevé le lien entre la manière d'apprendre, de réviser et le système d'évaluation tant à l'Université que dans la Société.

Dans ce contexte, les ressources numériques sont-elles une aide ? De manière générale, l'environnement technique fait d'internet, de smartphones ou d'ordinateurs est nécessairement omniprésent dans nos vies et dans la vie de l'étudiant. Les ressources numériques seraient une aide mais il demeure que les étudiants utilisent l'impressions papier pour faciliter l'annotation ou encore simplement pour lire en dehors d'un écran.
Les ressources numériques sont une aide mais elles doivent être à priori en symbiose avec un environnement engendrant motivation à apprendre, à apprendre régulièrement, à autonomiser. Les ressources numériques ne doivent pas se substituer à la nécessité de recherches d'informations qui font la richesse du métier d'étudiant. Mais encore une fois, il est nécessaire d'offrir la possibilité de ce temps de recherche ! Offrir le savoir en tout temps et en tout lieu est un progrès mais il doit dans le même temps développer l'appétence à la recherche. C'est en ce sens que nous avons évoqué les Serious games pour imaginer d'autres méthodes d'apprentissage utilisant la technologie numérique.

Les ressources numériques consultées sont un plus, une occasion supplémentaire d'apprentissage mais ne doivent pas transformer le temps de la révision en unique temps de stratégie ou d'arbitrages personnels en fonction de plannings resserrés impliquant bachotage, savoir vite appris/vite oublié. A l'Université, les ressources numériques sont un atout à la condition de rendre acteur et non pas seulement consommateur, à la condition de favoriser l'activité plutôt que la passivité.
Au delà du pdf et du diaporama condammés à l'impression, les possibilités sont pour le moins étendues dans le domaine de l'interactivité et de l'enrichissement collaboratif... mais ceci est un autre atelier !

Réponses collectives aux questions posées :

Quels types d'exercices sont attendus par les étudiants pour réviser ?

  • Les types d'exercices sont très dépendants de la discipline. Nous avons pris en compte les styles d'apprentissage. Certains étudiants auraient besoin de théorie avant la pratique, d'autres de pratique avant la théorie. Le modèle traditionnel est cours théorique suivi de TP. Le principe de l'exercice qui offre à l'étudiant une connaissance de son niveau semblerait bien adapté. Plus que son niveau, une approche par compétences serait à tester. Toutefois nous avons relativisé en insistant sur le fait que l'Université ne devait pas se transformer en centre de certification.

Amener les étudiants à faire des révisions ?

  • Cela tiendrait à des éléments motivationnels initiés lors des cours. Le contexte de la classe en tant que lieu social serait l'espace idéal pour créer du lien, nouer des relations entre pairs et avec l'enseignant. L'amphi plus impersonnel, adapté à un enseignement de masse favoriserait moins le rapporchement des individus.

Si on donne les solutions c'est inutile, car l'étudiant ne réfléchit pas. Mais si les solutions ne sont pas données comment s'auto-évaluer ?

  • L'objectif est effectivement toujours l'apprentissage en profondeur mais jusqu'à quel niveau ? Ce serait tout le rôle d'un contrat entre l'étudiant et l'Université pour une meilleur compréhension des attentes de l'institution. Sur l'auto-évaluation, les outils technologiques peuvent offrir des solutions sous une forme interactive à base d'indices construisant petit à petit la solution. Le principe des études de cas interactives, des quizz avec branchements conditionnels seraient des supports à envisager. Pour des questions techniques, contactez l'UNR !

Est-ce qu'un étudiant révise de la même façon si on autorise les supports de cours en DS ?

  • Les expériences misent en place montreraient que les notes au partiel ne sont pas meilleures si les supports de cours sont disponibles ou pas en DS. Alors peut-être pourrions-nous interpréter que la présense autorisée de supports en DS modifieraient le comportement de révision. Ce qui nous amène une nouvelle fois à signaler l'impact de la forme d'évaluation sur l'apprentissage.

Quel peut être l'intérêt de l'étudiant à modifier un apprentissage ''traditionnel'' d'un cours si les modes d'évaluation ne changent pas ?

  • Nous prêterions alors à l'étudiant un comportement uniquement stratégique en oubliant que les étudiants comme nous l'étions sont multiples. Nous étions en phase sur l'idée que l'évaluation est un élément d'une pédagogie. Analyser le problème comme un tout serait plus adapté.

Quelles sont les ressources utilisées par les étudiants ?

  • Le monde étudiant présent nous démontrait la diversité des sources d'apprentissage. Les sources sont multiples mais lorsqu'elles sont numériques le passage à l'impression semblerait répandue.

Comment les aider à apprendre à apprendre ?

Les aides en ligne peuvent-elles être utiles pour apprendre sans ''bachoter'' ?

  • Souvent cité, le bachotage, n'est pas le registre d'un apprentissage en profondeur, d'un savoir qui reste après l'examen. Une des solutions serait de faire davantage de liens entre les matières enseignées et encourager à le faire en proposant un contexte favorable à son développement. Les solutions seraient possibles dans les modalités même d'examen interrogeant de manière transverses l'ensemble des matières ou bien dans des TP intégrant des savoirs différents.

Comment créer un moyen interactif de révision ?

  • Les quizz avec remédiation, les tests de positionnement, les études de cas ou encore les ''Serious games'' sont des alternatives technologiques sans cesse en chantier et qui ne demandent que des expérimentateurs...

Comment inciter les étudiants à consulter les ressources proposées de type Moodle ou polycopiés ?

  • Nous avons affirmé que l'Université ne devait pas se changer en champ de foire marketing avec des incitations au clic séduisant l'internaute de passage. Une des solutions est de rendre acteur l'étudiant en lui offrant la possibilité de participer à la construction du savoir. A titre d'exemple, les plateformes pédagogiques offrent des moyens de diffuser son propre contenu. Ce sont les forums avec pièce jointe, les bases de données, les glossaires ou encore les wikis.

Comment aider l'étudiant à choisir les ressources qui conviennent à son cursus ?

  • L'UNR déploie le dispositif technique ORI-OAI permettant l'indexation des ressources numériques et donc la possibilité de trouver une donnée en fonction de classifications standardisées.
  • Les UNT (Universités Numériques Thématiques) comme Unisciel (Sciences fondamentales), Unit (Sciences de l'ingénieur), Uved (Environnement durable), Uoh (Sciences humaines et sociales) UNFJ (Sciences juridiques et sociales) ou Aunège (Sciences de gestion) sont autant de moyens de trouver des ressources numériques classées par discipline.

Merci à tous pour votre participation à cet atelier.
thierry [dot] danquigny [at] univ-lille1 [dot] fr

Bibliographie

Alava Séraphin, Romainville Marc, Les pratiques d'étude entre socialisation et cognition, RFP n°136, 2001
Biggs John, Student approaches to student and learning, Radford House, 1987
Coulon Alain, Le métier d'étudiant, Economica, 2005
INRP, L'enseignement supérieur sous le regard des chercheurs, 2005
Morin Edgar, Les sept savoir nécessaires à l'éducation du futur, Seuil, 1999
Piaget Jean, Où va l'éducation ?, Denoël, 1972
Prensky Marc, Teaching Digital Natives, Corwin, 2010

Filmographie :

Sur l'évaluation :
http://lille1tv.univ-lille1.fr/videos/video.aspx?id=9efb39a3-8750-42dd-8457-44f98feb494f